24 avril 2009
Lofoten Island 2
Reprenons où nous nous en étions arrêtés:
15H marque le début de notre croisière dans le fjord. Voyage improbable dans le temps et dans l'espace, qui nous mène au bout du fjord et ses petits hameaux de 4 ou 5 bicoques pour qui le bateau qui nous emmène est l'unique distraction de la journée, le lien avec le monde extérieur, (parabole et satellite exclus)
Les montagnes qui dessinent ce fjord sont majestueuses mais paradoxalement ne rendent pas cette enclave naturelle trop oppressante. Le fjord est en effet très large, et les montagnes sont évasées à leurs bases et s'étirent ensuite en pics en passant par de larges falaises granitiques. L'herbe jaunie commence à apparaitre sur les versants ensoleillés, et la neige des parois se reflète dans les eaux limpides du fjord. Tout cela, ces couleurs, ces formes, ce passage en douceur du règne minéral au règne aquatique, décrit l'arrangement parfait d'un architecte venu d'ailleurs. Le vent qui s'engouffre dans ces espaces et qui résonne dans nos oreilles est une musique imaginaire qui semble avoir été composée pour ce lieu. Seul l'odeur de gasoil du bateau vient troubler cet équilibre fragile des sens.
Notre excursion ne dure qu'une heure mais me permet néanmoins de me réconcilier avec le milieu marin, que j'avais quitté en mauvais terme après la traversée Bodo-Moskenes.
C'est les yeux et la tête pleins d'images que nous montons dans le bus qui nous ramène dans notre cabane de pêcheur. Le soir nous retrouvons, Céline, Laëtitia, et Romain plus 2 de leurs amis, venus visiter les Lofoten comme nous. Une petite soirée sympa en compagnie de suisses rencontrés plus tôt sur le bateau achève cette journée parfaite.
Mercredi 15 avril Grand beau!!
Décidément nous sommes vernis, le petit déj consommé, nous tergiversons un peu quant à savoir quoi faire aujourd'hui. Nous nous décidons finalement pour une rando jusqu'au refuge de Munkebu. Peu d'infos sur la balade si ce n'est qu'elle devrait durer quelques 5 heures, mais contrairement à l'habitude, j'ai une carte!!
Le début de l'ascension est assez facile mais étrangement lent car nous nous arrêtons régulièrement pour prendre des photos. En outre, les passages enneigés ou glissants nécessitent la totale attention de Julien et de son genou toujours récalcitrant. Nous faisons halte sur une large pierre chaude à mi-parcours pour casse crouter et reprendre des forces avant le coup de cul final. Avant le dernier raidillon, Julien nous abandonne, le genou trop faible pour espérer grimper au dessus du dernier éperon rocheux qui barre l'accès au refuge. Nous continuons donc à 3. Au dessus du sommet tout n'est que splendeur, la profondeur de champs est impressionnante car nous pouvons apercevoir l'océan de part et d'autre des îles. Une myriade de lacs gelés disposés en cascade s'offre à nous, et pour couronner le tout, nous nous retrouvons au dessus du fjord que nous avions contemplé la veille depuis la route. Aucun bruit ne vient troubler la quiétude de ces géants glacés toujours en hibernation. Tout juste une petite avalanche qui dévale les pentes de granite et échoue dans sa tentative de perçage de la surface d'un des lacs gelés. Aucune trace également, signe que nous sommes les premiers à ouvrir la voie de cette nouvelle saison qui s'annonce. Quelles sensations!
Au fond de la photo le pont dont nous avions observé le fjord la veille.
Produit laitier des sensations pures!!
Nous ne rejoignons pas le refuge, encore à 20 minutes de marche sur le plateau, pour ne pas trop faire patienter Julien. La descente vers lui, nous permet de nous essayer au ski avec chaussures.Nous rejoignons notre cabane après 1h30 de désescalade, le nez rougi par le soleil et le froid mordant du vent.
Le soir nous prenons notre repas avec le groupe des autres français, mais nous ne nous attardons pas, car le départ du lendemain est fixé à 6h et il nous faut encore nettoyer la cabane. C'est la fin d'un joli voyage dans ces contrées nordiques, c'est le cœur lourd que nous quittons ces îles, nous prenons congé sous le soleil qui éclaire une nouvelle fois ce coin de paradis de ses rayons généreux alors que le bateau qui nous ramène à Bodo, s'éloigne doucement.
21 avril 2009
Lofoten Island 1
Le voilà, le grand voyage en Norvège! Une de ces destinations qui font rêver l'imaginaire de beaucoup de personnes. Ce coin d'Europe perdu aux confins de la Norvège. Les îles Lofoten. Je ne m'attarderai pas sur la description des îles car cela ennuierait probablement la plupart d'entre vous et comme d'autres l'ont fait avant et certainement beaucoup mieux que je ne pourrais le faire, je vous renvois à l'article de Wikipedia
Samedi 11 avril
Julien, Mathieu et Rémy arrivent samedi soir à Trondheim en 2 vagues ( 22h et minuit). Après l'installation dans mes appartements et un repas frugale, pour cause de pénurie dans mon frigo, nous nous couchons vers 1h avec un levé prévu vers 7h45
Dimanche 12 avril
C'est le grand jour, nous sommes prêts en 1 heure (petit déj et douche pour tout le monde). Nous rejoignons l'aéroport où notre avion part à l'heure, direction Bodø et à midi nous posons pour la première fois nos pieds dans l'arctique, ie au delà du cercle polaire.
Asiatic style!
Les premières impressions sont plus encourageantes pour la suite, le temps est gris certes, mais les paysages désertiques et désolés de l'arctique sont au rendez vous. Bodø, est cerné de sommets encore enneigés. Le décor est quasiment lunaire. La végétation triste et éparse, les hautes falaises de granite recouvertes de mamelons neigeux, et les dents acérées des montagnes environnantes témoignent d'une nature sauvage et éthérée.
Le voyage pour se rendre aux Lofoten est épique, la qualité de la mer se détériorant au fur et à mesure que nous nous rapprochons des îles. Sans parler de mer déchainée, les creux des vagues étaient assez importants entre 3 et 5 mètres selon les estimations. Je m'acquitte d'un lourd tribut pour cette traversée, plus que les 150NOk, c'est mon repas du midi que j'ai dû rendre à Neptune et ce, par dessus bord. Bien évidemment je ne suis pas le seul à bord à payer cette taxe supplémentaire. Cela dit, cela me prouve une fois de plus que je suis bien un terrien. L'arrivée sur les Lofoten est une délivrance et un cadeau, car les paysages sont splendides, et nous sommes accueillis chaleureusement par un soleil rageur qui perce à travers les nuages et surplombe les sommets environnants.
Les rayons du soleil ne sont pas les seuls réconforts que nous obtenons, le propriétaire des cabanes de pêcheur où nous logeons est venu nous chercher avec sa voiture personnelle et il nous fait la fête, il semble vraiment heureux de recevoir des français. C'est une petite célébrité locale, il parle bien le français, est référencé dans le guide du routard, et il est par ailleurs celui qui a hébergé l'équipe de l'émission "Thalassa" dédiée aux iles Lofoten. Il est si enjoué qu'il veut nous faire partager son histoire et ses expériences c'est ainsi que nous apprenons qu'il a été un des plus gros exportateur de morue séchée vers l'Italie. Le brave homme, dans son élan de sympathie, n'a pas remarqué que la traversée nous avait quelque peu incommodé, moi en particulier, c'est ainsi que j'éprouve bien des difficultés à maintenir la conversation avec lui le long des routes escarpées des Lofoten qui mènent à notre résidence, et qu'il emprunte à toute allure. Le bonhomme est remarquable, il est d'un enthousiasme qui me fait oublier ma mésaventure sur le bateau à moins que ce ne soient le vin et le saucisson. Peu importe après tout, nous sommes arrivés à Å et nous sommes biens. La cabin (rorbu) est parfaite, du bois partout qui confère une agréable sensation de chaud qui fait oublier le temps parfois froid. Elle est parfaitement équipée, en bord de mer, les pieds dans l'eau même, au sens propre.
Le cadre est idyllique. Nous sommes coincés dans une prison dorée dont les barreaux sont des montagnes enneigées de 600 mètres et la mer.
Plusieurs séchoirs à morues sont là pour nous rappeler que la mer est la principale source de richesse des îles. Au dehors l'odeur un peu forte de morue séchée est bien présente et peut incommoder. Le repas qui se prépare est salvateur et l'apéritif à base de saucisson et Chablis nous fait le meilleur effet. La soirée passe rapidement autour d'une petite belote et d'un moment de lecture.
Lundi 13 avril.
Réveil vers 8h30, après le petit déj, nous mettons le nez dehors pour partir en balade. Le temps change vite aux Lofoten. Le soleil se montre timide, caché dans les jupes de la mer de nuage. Le crachin domine. Cela dit les moments de soleil donnent toutes leurs splendeurs aux paysages. La neige nous permet encore de nous amuser, grands enfants que nous sommes.
Après 3 heures de balade, nous retournons dans notre rorbu pour le repas. S'ensuit une petite heure de repos pendant lequel le soleil en profite pour se montrer et nous encourage vivement à repartir. Nous prenons la direction de Moskenes à 4 ou 5 km de Å. Le village ne présente pas de particularité si ce n'est d'être le port d'arrivée de la plupart des ferries en provenance de Bodø. Nous tournons donc finalement les talons assez rapidement et nous nous engageons dans un chemin qui serpente à flanc de montagne le long d'une splendide cascade qui regorge d'eau de fonte des glaces. Cette effusion d'eau minérale rend le paysage plus vivant. Le sentier marque le début d'une rando qui mène à un refuge géré par le C.A.F local, plus haut dans les montagnes. Dans un premier temps il débouche sur un lac encore gelé. Le soleil a la bonne idée de se lever alors que nous redescendons. En route un magnifique arc en ciel en demi-cercle complet apparait avec les dernières gouttes de pluie. Le retour vers notre cabin sous le soleil est magique, des cartes postales de Norvège s'offrent à nous.
Le soir après un peu de lecture, tout le monde se couche des images déjà plein la têtes.
Mardi 14 avril Grand Beau!!!!!!
Le petit déj avalé nous partons vers 9h15 pour Reine et Hamnoy. Reine est considéré par certains norvégiens comme le plus beau village de Norvège, et pour cause, le village s'étend à l'entrée d'un fjord gigantesque, ouvert sur la mer dont les eaux cristallines rappellent des contrées plus australes. Pour l'heure nous attendent quelques 10 km de marche le long de la côte. Paysages, une fois de plus enchanteurs, d'autant plus sous un soleil radieux. Fjords, sommets escarpés, petits villages de pêcheurs rivalisant de charme et déroulant leurs enfilades de rorbuer et petits bateaux de pêche; se dévoilent devant nous, au fur et à mesure que nous nous rapprochons du royaume de Reine.
La réputation de Reine est méritée, de hautes montagnes de 600 mètres se jettent littéralement dans le fjord et ses parois granitiques encore couverte de neige nous indiquent que l'hiver vient juste de se terminer. Nous entrons dans une anse glacée, et l'herbe qui commence à apparaitre est encore jaunie par les longs mois d'hiver passée sous la neige. Après avoir pris quelques clichés et glané les informations nécessaires auprès de la pompiste du coin, nous nous lançons dans un tour du village qui se déroule sur les 2 côtés du fjords.
Fin de la première partie
19 avril 2009
Lofoten Island album photos
Pour vous permettre de patienter avant la parution du prochain article sur notre voyage aux Lofoten, voici quelques photos qui à mon sens sont les moins jolies de ma collection (regarder sur la droite de l'écran un peu plus bas, dans l'album photo éponyme).
A très vite
11 avril 2009
A nous les Lofoten
Aujourd'hui, Samedi, arrivent de France, Julien Mathieu et Rémy, pour un trip aux îles Lofoten, qui s'annoncent prometteur. Nous allons durant 4 jours resté dans le Sud des îles (Moskenes) dans le village de Å. Nous avons réservé une petite cabane de pêcheur (rorbu en norvégien) et en gros ça ressemble à ça
Parties de pêche en perspective, ainsi que des randos à gogo dans un cadre aussi idyllique que ça:
Ajouté à cela, la possibilité si le temps le permet de voir des aurores boréales. De bonnes vacances, donc.
08 avril 2009
Fin de la neige
Après presque 5 mois de bons et loyaux services la neige est en train de rendre ses dernières armes. Elle fond maintenant à vitesse grand V, tant est si bien que les services de la ville commencent à retirer les graviers qu'on est obligé d'utiliser ici car le simple salage n'est pas suffisant pour cause de températures inférieures à -5°C.
Il y encore 10 jours, Trondheim c'était ça:
Nous avons donc profité avec Laure, une amie française, de cette nature qui se réveille pour envisager un cabin trip avec transport en vélo. Cabin trip express, avec comme destination Agdenes, la même que la fois précédente, parce que j'avais encore les clés en ma possession. Bref, nous voilà parti, mardi aprem vers 16h, un peu en catastrophe, avec aucun matériel ou pompe pour réparer un vélo endommagé, en un mot, nous sommes parti légers. Une boîte de chaussure fixée par un tendeurs fera office de coffre sur le vélo sonore de Laure (pignons et chaînes manquent de graisse).
Nous embarquons sur le ferry et tentons de nous passer des 75NOK de trajet (ouh c'est pas bien!), mais finalement en rejoignant la sortie, après avoir échangé un regard qui en disait long avec la pervenche marine, nous nous acquittons de notre titre de transport. Démarre alors le trajet en vélo, 20km de bord de mer, sur la côte découpée du fjord de Trondheim. Quelques beaux panoramas en chemin.
Après une bonne heure et demi de pédalage et quelques pauses nous rejoignons la cabin et ses occupants, 2 couples et 2 bébés, français et suisse. Pas de casse tête ce soir pour savoir dans quelle langue s'exprimer. Les affaires déposer nous allons découvrir les environs (redécouvrir) pour moi.
Le petit lac au premier plan était gelé avec 30 cm de glace, 3 semaines auparavant.
Cette balade nous ayant ouvert l'appétit à moins que ce ne fut les 20km de vélo, nous retournons à la cabin et préparons notre repas (pâtes au pesto). La soirée sera calme du fait de la présence de 2 bébés, cependant nous nous couchons fatigués.
Le lendemain, le petit déjeuné avalé, et la vaisselle faite nous mettons les voiles (c'est le cas de le dire! Le vent souffle fort), c'est le début d'une journée de pédalage à contre courant; à contre courant du vent.
Cela dit les paysages en valent la peine, et des images de brochures touristiques me reviennent en tête.
Au bout de cette piste, règne un air de bout du monde, un petit village avec son église et son cimetière le bout au bord d'un fjord gigantesque:
S'engage alors une course contre la montre puisque nous avons 3 heures pour rejoindre le ferry qui ne passe que 2 fois ce jour là, une fois à 14h30 et l'autre à 19h15. Le vent se montre particulièrement vigoureux quand nous approchons du rivage, et nous arrivons un peu émoussés au port après 2h15 de pédalage quasiment non stop. On profite de cette avance gagnée au détriment de la montre pour nous offrir notre repas.
On embarque sur le ferry à l'heure dite, et après la terrible épreuve de la remontée sur Moholt, nous sommes de retour 24h pile après être partis.



























































